Origine du football : des racines antiques à la codification anglaise

2 août 2026
Origine du football : des racines antiques à la codification anglaise

Le football n’a pas été inventé par un type génial un matin de 1863. Son origine du football est bien plus ancienne, plus bordélique et plus passionnante que ça. Des soldats chinois tapaient déjà dans des ballons il y a plus de deux mille ans, des villages entiers se bagarraient au Moyen Âge, et ce n’est qu’en Angleterre, au milieu du XIXe siècle, que tout s’est enfin codifié pour donner le sport qu’on connaît. Pas de père unique, juste une longue chaîne d’idées, de bricolages et de passions qui ont fini par coller.

Et franchement, une fois qu’on creuse un peu, on se rend compte que l’idée de taper dans un ballon avec le pied a traversé les continents bien avant que quiconque pense à écrire des règles.

Les tout premiers jeux de balle : la Chine et les autres

Le plus vieux truc documenté, c’est le Cuju chinois. Les premières traces écrites remontent au IIIe ou IIe siècle avant notre ère, dans un manuel militaire de la dynastie Han. Des soldats s’entraînaient à envoyer un ballon de cuir bourré de plumes ou de poils dans un filet suspendu à plusieurs mètres de haut. Pas de mains. Que les pieds, la poitrine, les épaules. Au début c’était pour la forme et la discipline. Plus tard, ça est devenu un vrai divertissement populaire. FIFA elle-même reconnaît le Cuju comme la forme la plus ancienne de jeu de balle avec les pieds dont on ait des preuves écrites.

Au Japon, vers le VIIe siècle, le Kemari était complètement différent. Des nobles en habits de soie formaient un cercle et devaient garder la balle en l’air le plus longtemps possible. Pas de but, pas de combat, juste de la grâce et du contrôle. Un truc presque rituel.

Chez les Grecs, l’episkyros opposait deux équipes qui se renvoyaient une balle. Les Romains jouaient à l’harpastum, un jeu un peu plus rugueux où il fallait avancer la balle vers le camp adverse. Pas du football moderne, mais l’idée d’équipe, de terrain et d’objectif commun était déjà là.

En Mésoamérique, les Mayas et les Aztèques avaient leurs propres jeux de balle avec des anneaux de pierre. Parfois très violents, parfois chargés de sens religieux. Certains historiens disent même que l’idée même d’une « équipe sportive » est née là-bas. Bref, taper dans un objet rond avec le pied, c’était déjà une affaire universelle.

La soule médiévale : du chaos organisé en Europe

Au Moyen Âge, en France et dans les îles Britanniques, on jouait à la soule. Ou au mob football, comme on disait de l’autre côté de la Manche. Des villages entiers, parfois plusieurs centaines de personnes, s’affrontaient pour amener une balle (souvent une vessie de porc) jusqu’à un but lointain – l’église du village voisin, par exemple. Pas de règles écrites. Tout était permis : coups de pied, de poing, bagarres générales. Ça finissait souvent en vrai désordre.

Les autorités ont essayé de l’interdire plusieurs fois. Trop dangereux, trop de blessés, ça foutait la pagaille dans la vie quotidienne. Pourtant le peuple continuait. C’était un défoulement collectif, un moment de liesse autour de Pâques ou du mardi gras. Et la tradition n’a pas complètement disparu : à Ashbourne, en Angleterre, ils jouent encore aujourd’hui au Shrovetide Football. Deux équipes, Up’ards et Down’ards, un terrain de plusieurs kilomètres avec une rivière au milieu, un ballon de quatre kilos. Pas pour les fragiles.

Le calcio florentin : un peu plus de structure en Italie

En Italie, à la fin du XVe siècle, le calcio florentin a apporté un semblant d’organisation. À Florence, des équipes de nobles (jusqu’à 27 joueurs par camp selon les versions) s’affrontaient sur une place. Règles écrites en 1580 par Giovanni Bardi. Un ballon en cuir, deux camps, marquer plus de buts que l’adversaire. C’était un mélange de football, de rugby et de lutte. Moins chaotique que la soule, mais toujours très physique. Ça a tenu jusqu’au XVIIIe siècle avant de disparaître progressivement.

L’Angleterre du XIXe siècle : le vrai tournant de l’origine du football

C’est vraiment là que tout s’est joué pour le football moderne. Dans les public schools anglaises, chaque école avait son propre code. À Eton, on jouait surtout avec les pieds, dribble et passes. À Rugby, on pouvait prendre le ballon à la main et le porter – et c’est de là que vient le rugby d’aujourd’hui.

Le problème, c’est que quand les anciens élèves se retrouvaient, ils ne savaient plus sur quelles règles jouer. Du coup, en 1848, des étudiants de Cambridge ont rédigé les Cambridge Rules. Une première tentative sérieuse d’unification. On y parlait déjà de touches, de coups francs, et on limitait un peu l’usage des mains.

Le grand moment arrive le 26 octobre 1863. Dans une taverne de Londres, des représentants de onze clubs indépendants fondent la Football Association. Ils rédigent les premières Lois du Jeu. Et là, décision capitale : plus question de porter ou de lancer le ballon avec les mains pour les joueurs de champ. Le gardien aura ce droit plus tard. C’est ce qui sépare définitivement le football du rugby.

Ebenezer Morley est souvent considéré comme le père de ces règles. Le premier club vraiment indépendant, Sheffield FC, existait déjà depuis 1857 et joue toujours aujourd’hui. En 1885, l’Angleterre autorise enfin le professionnalisme. Le foot n’est plus seulement un loisir d’étudiants : des joueurs peuvent en vivre.

La diffusion mondiale et la création de la FIFA

Les Britanniques ont exporté leur sport partout où ils passaient : marins, ingénieurs, commerçants. En Amérique du Sud, les clubs ont poussé grâce aux expatriés qui travaillaient sur les chantiers de chemins de fer. En Europe continentale, ça s’est implanté très vite.

Le 21 mai 1904, à Paris, sept pays européens créent la FIFA. Objectif simple : harmoniser les règles et organiser des compétitions internationales. En 1930, première Coupe du monde en Uruguay. Treize équipes seulement, mais le début d’une aventure qui va devenir l’événement sportif le plus suivi de la planète.

Aujourd’hui, plus de 200 pays affiliés, des centaines de millions de pratiquants, des milliards de personnes qui vibrent devant un match. L’origine du football, au final, c’est cette capacité incroyable à rassembler des gens qui n’ont rien d’autre en commun qu’un ballon et l’envie de le mettre dans un but.

Pour avoir joué des années à un bon niveau en Europe, je peux te dire une chose : chaque fois que je tape dans un ballon, je sens un peu tout ce passé qui passe avec. Des soldats chinois, des paysans français, des écoliers anglais… Tous ont contribué à faire de ce sport ce qu’il est. Pas un seul inventeur. Juste des millions de personnes qui, au fil des siècles, ont eu envie de jouer. Et ça continue.

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